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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:11

Ayant trouvé par hasard Atlas of true name, un atlas du monde qui révèle les racines étymologiques, des significations historiques ou des termes familiers sur les cartes d'aujourd'hui, et ce en langue anglaise, j'ai voulu faire de même avec la province du Québec.

Dans cette carte réalisée ci-dessous, je mets surtout l'accent sur une toponymie autochtone très riche, qui reflète souvent soit le lieu topographique, soit qui relève d'une histoire. Vous serez surpris, tout comme moi, de découvrir notre coin de pays sous un nouveau jour. Comme je dis souvent : «quand les perspectives changent, notre approche aux choses change aussi».

 

Nota

 

J'ai noté une chose intéressante, s'il y avait bien un nom de village surprenant, c'est bien celui de Quaqtaq, village inuit, qui signifie « Ver intestinal ». Jusqu'au début des années 1930, l'endroit était connu sous le nom de Nuvukutaaq (la longue pointe). Toutefois, selon les histoires que l'on raconte encore aujourd'hui, un homme serait un jour venu dans la région pour chasser le béluga et aurait trouvé des parasites vivants dans ses selles. Ses compagnons de chasse auraient alors donné le nom de Quaqtaq (ver intestinal) à l'endroit et l'utilisation de cette nouvelle appellation se serait rapidement répandue.

 

Quant au plus long toponyme amérindien officiel du Québec, situé à environ 200 km au nord de Sept-Îles, il s'agit du ''Portage Kamushkuapetshishkuakanishit''. Comportant 28 lettres, il signifie : «quand on passe par ce portage, on s'accroche les pieds dans les racines».

 

Une histoire toponymique amérindienne rayée à coup de ..... crayon

 

Le géographe Eugène Rouillard publia en 1909, un article assez célèbre intitulé : «L'invasion des noms sauvages». On déclara donc la guerre aux toponymes autochtones et, en conséquence, la nomenclature amérindienne du Québec a payé largement son tribut à une politique d'élimination parfois systématique. On estime que des 15000 toponymes autochtones qui meublaient encore les cartes géographiques du Québec au siècle dernier, 80% ont été éliminés de la nomenclature géographique officielle

 

Aujourd'hui, les données statistiques témoignent sans équivoque de la progression constante de la toponymie autochtone au Québec au cours des 25 dernières années. À la publication du Répertoire géographique du Québec, en 1969, les noms de lieux autochtones étaient au nombre de 1560 et représentaient 4,70% de la nomenclature officielle. En 1995, 10964 d'entre eux étaient officiels et représentaient 9,78% des toponymes officiels.

 

Espace québécois et expression toponymique

 

Selon Jean-Yves Dugas dans « L’espace québécois et son expression toponymique » ...le paysage toponymique québécois s'est meublé peu à peu au fil des générations de dénominations reflétant tantôt les modes de vie des premiers occupants tantôt le bagage historico-mental de ceux qui ont colonisé ce coin de terre si particulier du continent nord-américain. Ce langage, primaire affirmerions-nous, de la toponymie véhicule des éléments et des caractéristiques de nature et de valeur très différente avec ses inexactitudes géographiques, ses déformations signifiantes ou involontaires, ses répétitions homonymiques, mais aussi ses éclairs poétiques et sonores à nul autre pareils, ses appellations de bonne frappe, ses identifications pertinentes et motivées. Quel que soit le jugement global que l'on puisse porter sur la toponymie du Québec, celle-ci demeure avec ses grandeurs comme ses misères, ses trouvailles comme ses erreurs, le miroir fidèle de l'histoire d'un peuple particulier et à ce titre, mérite considération et respect.

 

Selon l'auteur, il existe trois univers toponymiques distincts, à savoir quelques modalités dénominatives chez les Inuits, les Amérindiens et les Blancs du Québec. La perception de l'espace et sa transposition toponymique chez les Amérindiens du Québec présentent une certaine similitude avec celle des Inuits. Vivant très près de la nature, se livrant aux activités de chasse et de pêche, appelés à se déplacer fréquemment, ne disposant que de la tradition orale, ceux-ci ont attribué aux liens qu'ils parcouraient des noms fleurant bon le bois et l'eau, très près de leurs préoccupations existentielles pérégrinatoires ou alimentaires.

 

Cliquer sur la carte pour agrandir

Certains lieux peuvent avoir une autre définition mais j'ai pris la plus reconnue

 

Cliquer sur la carte pour agrandir

 

Dugas pense que le langage toponymique amérindien demeure très près de la nature qu'il exprime directement ou de façon périphrastique (là où ...). À l'inverse de l'inuktitut et possiblement en raison de l'homogénéité et de la finitude des contrées parcourues, la transposition spatiale apparaît comme très précise, ponctuelle (bout, jonction, poste, confluent) sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir des infixes localisateurs. Faisant sporadiquement appel à des images (mamelle, emmuraillé), cette toponymie dénote un univers mental et réel sensiblement plus complexe et dont les constituants se démarquent davantage de leur milieu environnant. Univers utilitaire, l'espace est surtout perçu dans l'optique de la prosaïque satisfaction des besoins alimentaires où l'animal gibier tient une place prépondérante sans toutefois négliger le vocable formellement évocateur.

 

Si les appellations autochtones attribuées aux lieux qui peuplent l'espace des premiers habitants du Québec sont marquées au coin de leur nomadisme, centrées sur la nécessité de repérer avec précision les territoires de chasse ou de migration, la toponymie superposée dans certains cas ou imposée dans d'autres par les colonisateurs ou les occupants blancs d'origine européenne véhicule une saisie de l'espace toute pétrie des relents d'une culture plus élaborée, moins près dans l'ensemble de la nature extérieure.

 

Liste des toponymes cartographiés sur ma carte

 

Villes

Akulivik Pointe centrale d'un trident  Inuktitut
Amos Porter Hébreu
Amqui Là où les eaux s'amusent Micmac
Arthabaska Là où il y a des roseaux, du jonc Algonquin, cri
Aupaluk Là où c'est rouge Inuktitut
Brome-Missisquoi Herbe-Grosses femmes Anglais + Algonquin
Causapscal Pointe rocheuse Micmac
Cayamant Porc-épic Algonquin, cri
Chibougamau Lieu de rencontre Cri
Chicoutimi Jusqu'où c'est profond Cri, Tête-de-boule
Chisasibi Grande rivière Cri
Dolbeau-mistassini Jean Dolbeau-Grande roche Français-Innu-aimun
Ekuantshit (Mingan) Humain Innu-aimun
Escuminac Poste d'observation Micmac
Essipit (Les Escoumins) Rivières aux coquillages Innu-aimun
Gaspé Lieu ombragé Basque
Hochelaga À la chaussée des castors Iroquoi
Inukjuak Le géant Inuktitut
Ivujivik Lieu où l'on est pris par les glaces qui dérivent  Inuktitut
Jonquière Jacques-Pierre de Taffanel de la Jonquière Français
Kahnawake Au rapide Iroquoi
Kamouraska Étendue de foin, joncs Micmac
Kangiqsualujjuaq La très grande baie Inuktitut
Kangiqsujuaq La grande baie Inuktitut
Kangirsuk La baie Inuktitut
Kawawachikamach Rivière venteuse Naskapi
Kazabazua Courant caché, souterrain Algonquin
Kuujjuaq La grande rivière Inuktitut
Kuujjuarapik Petite grande rivière Inuktitut
La Romaine (Unamen Shipu) Ocre rouge Innu-aimun
La Sarre Régiment de Montcalm Français
La Tabatière Sorcier Innu-aimun
La Tuque  Colline Français
Lac-Mégantic Gros bois, gros arbre Algonquin
Macamic Castor boiteux Algonquin
Magog Vaste étendue d'eau, grand lac Abénaqui
Malartic Anne-Joseph-Hippolyte de Maurès de Malartic Français
Maliotenam Ville de Marie Innu-aimun
Maniwaki Terre de Marie Algonquin
Mashteuiatsh (Pointe-Bleue) Là où il y a une pointe Innu-aimun
Matagami Rencontre des eaux Cri
Matane Vivier de castors Micmac
Matimekosh (Schefferville) Petite Truite Innu-aimun
Mistissini Grosse roche Cri
Montmagny Charles Jacques Huault de Montmagny Français
Montréal Mont Royal Français
New-Richmond Nouveau mont riche Anglais
Nominingue Celui qui graisse Algonquin, cri
North Bay  Baie du Nord Anglais
Nutukuan (Natashquan) Là où l’on chasse l’ours Innu-aimun
Oka Poisson doré Algonquin
Pakua Shipi (St-Augustin) Rivière de sable Innu-aimun
Percé Rocher Percé Français
Péribonka Rivière creusant le sable Algonquin, cri, Tête-de-Boule
Pessamit (Betsiamites) Lieu où il y a des sangsues ou des lamproies ou anguilles de mer Innu-aimun
Puvirnituq Ça sent la viande pourrie Inuktitut
Quaqtaq Ver intestinal Inuktitut
Québec  Passage retréci Algonquin, cri et micmac
Radisson Pierre-Esprit Radisson Français
Rimouski Terre à l'orignal /  cabane à chien Micmac
Ristigouche Longue guerre Micmac
Rouyn-Noranda Rouyn Nord Canada Français
Salluit Les gens minces Inuktitut
Shawinigan Portage en pente Abénaqui
Sherbrooke Ruisseau clair Anglais
Tadoussac Mamelles ou rochers arrondis Innu-aimun
Tasiujaq Qui ressemble à un lac Inuktitut
Trois-Rivières Trois chenaux de la rivière Saint-Maurice Français
Uashat (Sept-Îles/Moisie) Grande Baie Innu-aimun
Umiujaq Qui ressemble à un bateau Inuktitut
Val d'Or Vallée de l'or Français
Wapanoutauw / Eastmain Terres à l’est de la Baie James Cri
Waskaganish Petite maison Cri
Wemindji Montagne ocre rouge Cri
Whapmagoostui Rivière du beluga Cri
Yamaska Étendue de joncs Cri

 

Régions, provinces, pays

 

Abitibi Partage des eaux Algonquin
Acadie Terre fertile Micmac
Akimiski Rouge pays Algonquin
Anticosti L'avant-terre Micmac
Appalaches Tribu des Apalchen Langues muskogéennes
Baie d'Hudson Baie d'Henry Hudson Anglais
Baie James Capitaine Thomas James Anglais
Canada Village, bourgade, groupe de tentes Iroquois
Charlevoix Pierre-François-Xavier de Charlevoix Français
Labrador Travailleur Latin
Laurentides Laurent de Rome Français
Maine Pays des Cénomans Français
Manicouagan Vase à boire, verre, tasse Cri
Maskinongé Brochet difforme Algonquin
Massachusetts Proche des grandes collines Algonquin
Matapédia Jonction de rivières Micmac
New Hampshire Nouveau comté de village Anglais
New-York Nouveau if-Arbre village Anglais
Nouveau-Brunswick  Nouveau Bruno Wik (lieu où les marchands se reposent et entreposent leurs biens) Germanique
Nova Scotia Nouvelle-Écosse Latin
Nunavik L’endroit où vivre Inuktitut
Nunavut Notre pays  Inuktitut
Ontario Lac magnifique Ojibwe
Ottawa Ville de marchants Ojibwe
Saguenay Son embouchure, sa sortie / D’où l’eau sort Algonquin, Innu-aimun
Témiscamingue Dans l'eau profonde Algonquin
Témiscouata Lac profond Micmac
Terra Nova Terre-Neuve Latin
Toronto Où les arbres s'élèvent dans l'eau Mohawk
Ungava Le plus loin Inuktitut
Vermont Monts verts Français

 

 

Voici celle de la France en anglais,

mais c'est très approximatif, voire même farfelu parfois.

 

Francetruenames.jpg

 

À lire : 

L'écriture des toponymes au Québec

Commission toponymique du Québec

Quelques toponymes intéressants au Québec

La toponymie autochtone au Québec. Bilan et prospective

 

 

 

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Published by Mutur Zikin - dans muturzikin
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commentaires

yolo2.0 04/10/2016 19:21

ya

james 04/10/2016 19:20

moi aussi

yolo 29/01/2016 02:41

j'aime beaucoup ce site

yolo1 04/10/2016 19:22

mois aussi