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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 08:34

 

Simpsons.pngIntroduction


D'un point de vue ethnolinguistique, une des quatre branches principales de l'anthropologie, je me posais la question suivante : Les Simpson sont-ils plus proches des Français ou des Z'Américains ?

 

Si l'on compare la diversité ethnique des Simpson avec celle de la France métropolitaine, Geeez, mais c'est presque la même affaire (Voir les 5 répartitions graphiques ci-dessous). En fait la représentation des différents groupes ethniques en pourcentage de la ville de Springfield ressemble de beaucoup à celle de la France. Mais alors pourquoi toute la diversité américaine n'a-t-elle pas été respectée chez les Simpson ? Pourquoi sont-ils tous jaunes ?

simpsonspacman

Selon le créateur David Silverman, les Simpson ont été coloriés en jaune car il fallait que les cheveux de Bart, Lisa et Magie soient confondus avec le visage. Une des raisons qui a poussé Gyorgi Peluci (celui qui a choisi la couleur de la peau) à confondre le visage et les cheveux est que le front de Bart est très grand et il valait mieux que ça ne se voit pas. La seconde explication est que cette couleur a été choisie afin d'attirer l'attention des spectateurs et comme le jaune coûtait moins cher, celui-ci a été définitivement adopté par la production.

Voilà, j'ai répondu à la seconde question, cependant, je n'essaierai pas de répondre à la première avec une pirouette à la façon de Katty, je cherchais plutôt à parler d'un sujet connexe mais avec une introduction un peu humoristique. Je ne prétends surtout pas détenir la vérité, mais plutôt à défricher  sauvagement un sujet très débattu de façon informelle, étudié, mais peu ou pas analysé scientifiquement par manque de statistiques.

 

 

À la recherche de statistiques ethniques


Ce qui m'intéresse ici, c'est de connaître les Français de nationalité dans leur diversité ethnique et vivant en France métropolitaine. Et puis pourquoi est-ce un sujet à éviter dans ce pays pas si multiethnique en pourcentage comparé au nombre impressionnant de nations ayant de très fortes minorités ? Sans aucun doute, les brassages entre Français et autres Européens durent depuis des siècles et ont façonné la France, mais une immigration récente venue d'ailleurs semble poser problème si l'on en croit même les médias.

J'avais envie d'y mettre mon nez car d'un point de vue éthique, cela sent plutôt mauvais, exactement comme notre fameuse commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (CCPARDC). Plus connue sous le nom de la Commission Bouchard-Taylor dont voici le Best of avec quelques extraits. (C'est vraiment trop drôle)

 

D'abord il faut savoir qu'en France, le Conseil constitutionnel a invalidé l’article 63 relatif aux « statistiques ethniques », comme tel qui est contraire à l’article 1er de la Constitution disposant que : « La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » Il a déclaré que les traitements nécessaires à la conduite des études sur la mesure de la diversité des origines peuvent porter sur des données objectives mais ils ne peuvent pas reposer sur l’origine ethnique ou la « race ». (J'ai trouvé ça sur Internet)

 

Mais alors dites-moi en quoi les statistiques raciales ou sur la provenance ethnique peuvent être un danger pour une société ?

 

Les inégalités raciales, la pauvreté, les différences de classes entre autres existent aussi bien en France qu'ailleurs.

Que vous viviez dans une société très multiethnique comme ici au Canada ou peu multiethnique comme l'Islande (Les Islandais représentent 96.5% de la population totale), tous les problèmes inhérents à une vie en société existent. Si la discrimination raciale, liée à la couleur de peau comme au Brésil ou selon le nom de la tribu comme au Rwanda, était hypothétiquement absente, on se rabattrait sur des discriminations autres, telles que : l'apparence physique, l'origine de la langue, l'accent, l'état de santé d'un individu (séropositivité), handicap mental ou physique, à l'orientation sexuelle, aux mœurs (fumer, boire, jouer, populations non sédentaires), au lieu d'habitation (quartiers difficiles), nationalité, orientations politiques, religieuses (très à la mode depuis le 11 septembre ou en Inde avec les castes), aux classes sociales ou à l'origine sociale, aux professions, à la pauvreté, à la culture de l'individu, à l'âge, au patronyme, l'état de grossesse …etc. Je pourrais continuer à allonger cette liste, la bêtise humaine étant sans limite, comme disait notre ami Einstein. Et puis, vous le savez déjà, les discriminations les plus diverses s'appliquent déjà depuis des siècles partout et par tous sur notre planète. Anyways, les hommes auront toujours le don de diviser les sociétés et de les hiérarchiser tant et aussi longtemps que la cupidité et la soif de pouvoir l'emporteront sur l'altruisme. Ooops, je m'emporte. En tout cas, les statistiques ethniques n'empêchent en rien la progression de l'assimilation / intégration des immigrés (Confère le Canada).

 

pacmanfrenchyEn résumé, trouver des statistiques fiables sur la diversité ethnolinguistique de France, comme celles faites aux États-Unis ou au Canada, est presque mission impossible sauf pour la Nouvelle-Calédonie où c'est autorisé.

Cependant je me suis essayé à créer un graphique qui se base sur la définition du Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie : "Tandis qu'en Allemagne, dans les pays slaves et dans l'Europe du Nord, les dérivés d'ethnos mettent l'accent sur le sentiment d'appartenance à une collectivité, en France le critère déterminant de l'ethnie est la communauté linguistique".

Le livre de David Levinson, "Ethnic Groups Worldwide", a ready reference Handbook, (de la page 27 à 33) fut un outil précieux car il reprend cette même définition et énumère les différents groupes ethniques. Ensuite, d'après les chiffres sur le nombre d'immigrants en 2005 publié par l'INSEE, sur les communautés linguistiques estimées sur Wikipédia, et différents recoupements, je suis arrivé à avoir un joli Pacman assez représentatif. Bien-sûr qu'il y a matière à discuter mais ce portrait ethnographique semble correspondre à une certaine réalité. Les français de souche sont très largement représentés.

 

Le graphique du haut représente une carte ethnolinguistique, champ qui analyse la relation entre la culture, la pensée et le langage et qui fait partie de la branche de l'anthropologie du langage. Le graphique ci-dessous est un graphique axé sur l'ethnologie, également nommée anthropologie socioculturelle, une autre branche de l'anthropologie qui est un champ d'études toujours en évolution, car très sensible aux changements toujours plus radicaux (sociologique) et parfois troublants qui secouent le monde. Il y a souvent un amalgame entre ethnolinguistique et ethnologie. Voir Anthropologie et critères ethnologiques

 

Je rajouterai que suite à la lecture de cet article et de cette vidéo sur Michèle Tribalat : "les pouvoirs publics relativisent l'immigration" et du blog de Philippe Bilger sur les propos d'Éric Zemmour : ''La part des étrangers dans la population française est restée stable depuis 1975 et même les années 1930 : 10 %. Chiffre invariablement brandi depuis trente ans. Chiffre indiscutable. .... C’est ainsi que l’on a agi depuis trente ans : aux cent mille étrangers, solde annuel entre les entrants et les sortants (deux cent mille depuis dix ans), sans tenir compte des irréguliers, ont correspondu autant de naturalisations.'',  il faudrait donc dans les deux graphiques peut-être enlever 8% de ''Français de souche'' pour y mettre une population immigrante et issue de l'immigration.

 

ethnicfrance.gif

Pourquoi aucune statistique ?

 

Selon Lévi-Strauss : "Analytique et descriptive, l’ethnographie correspond aux premiers stades de la recherche : c’est l’enquête sur le terrain et la collecte de données de toutes sortes sur une société particulière, aboutissant ordinairement à une étude monographique, circonscrite dans le temps et dans l’espace. L’ethnologie prolonge l’ethnographie et représente un premier effort de synthèse visant à des généralisations suffisamment vastes à un niveau régional (ensemble de sociétés voisines présentant des affinités) ou thématique (attention portée sur un type de phénomène ou de pratique commun à de nombreuses sociétés) pour que le recours à des sources ethnographiques secondaires en constitue le préalable obligé et la mise au jour de propriétés comparables, le résultat attendu. Plus rarement menée à bien, l’anthropologie représente le dernier moment de la synthèse : sur la base des enseignements de l’ethnographie et de l’ethnologie, elle aspire à produire une connaissance globale de l’homme en découvrant les principes qui rendent intelligible la diversité de ses productions sociales et de ses représentations culturelles au long des siècles et à travers les continents."

 

Alors la première question qui me vient à l'esprit de ce texte est :

Comment peut-on comprendre clairement et avoir une vue d'ensemble de la société française sans ethnographie ?

Et à qui donc profite le "crime", si je puis me permettre cette expression ?

 

usaethnolinguistic.gifPolitiquement, je pense que le premier objectif à long terme de ce manque de statistiques a pour but de conforter le concept de nation et de favoriser ainsi le groupe ethnique français qui se construit, se forge constamment, en constante évolution, et ce au détriment de toutes les autres composantes sociolinguistiques autochtones (Corses, Basques, Bretons, Catalans et Alsaciens) et socioculturelles des immigrants. Pour les autochtones ou minorités nationales, on veut de leur culture dite "régionale" mais pas de leur langue et pour les immigrants, c'est pire, on ne veut ni de leur culture, ni de leur langue. Quoique je trouve légitime et naturel que les enfants des immigrants parlent la langue de leur société d'accueil.

 

Une perception biaisée

 

Ce qui m'intéresse ici, c'est de savoir la proportion des Français dits de souche versus les Arabo-berbères. Mon constat le plus criant sur cette diversité est loin de l'idée ou des perceptions que je m'en faisais au départ. Est-ce à cause de mes préjugés ou de ce que les médias m'ont fait à croire ?

Dans les faits, les personnes d'origine arabo-berbère ne sont pas si nombreuses que ça. Les Beurs, Harkis, Algériens, Marocains et Tunisiens sont environ 3 millions (selon l'INSEE 1,5 million d’immigrés, soit 31 % des immigrés et 2,4 % de la population totale, sont originaires du Maghreb). Soit moins un Français sur 20. Alors que 35 % des immigrés et 2,7 % de la population totale étaient originaires d’un pays de l'Union européenne à 25. Selon Évelyne Perrin dans ''Identité Nationale'' : « Les personnes d'origine maghrébine y sont également au nombre de 5 à 6 millions ; 3,5 millions ont la nationalité française (dont 500 000 harkis)». La baisse progressive du nombre d’immigrés italiens, espagnols ou polonais est compensée par l’arrivée d’immigrés en provenance d’autres pays, en particulier le Royaume-Uni.

 

pacmanus-copie-1.gifPendant de nombreuses années, je pensais que la France avait beaucoup de gens originaires du Maghreb et était les États-Unis d'Europe..... mensonge et crap ! (Sauf pour l'équipe nationale de soccer, mais là, on passe d'un extrême à l'autre)

 

La sur-médiatisation et surexposition négative de cette population m'avaient laissé penser que leur nombre était plus significatif que ça. Intox et/ou désinformation !

 

Lorsqu'un jour, je suis tombé sur de sales statistiques ethniques, les bras m'en sont tombés : « Les renseignements généraux ont établi un profil type des principaux délinquants dans ces groupes, à partir de l’étude de 436 meneurs, recensés dans 24 quartiers sensibles. Parmi eux, 87 % ont la nationalité française ; 67 % sont d’origine maghrébine et 17 % d’origine africaine. Les Français d’origine non immigrée représentent 9 % des meneurs, selon les RG ».

J'étais content d'avoir enfin des chiffres, c'est toujours bon à savoir, même ceci.

 

2poids2mesuresSeulement, je ne suis pas dupe. Je remarque que l'État se permet d'éditer seulement des statistiques pour stigmatiser une partie de sa population avec des raccourcis comme immigration = délinquance, sans pour autant éditer tout autre genre de statistiques ethniques, c'est écœurant. Où sont les autres chiffres sur ces mêmes populations par rapport au taux de chômage, à la moyenne de diplômassion, sur leur degré d'intégration, leur niveau de vie, le salaire moyen, les délits de faciès. leur espérance face à l'avenir...etc. Deux poids, deux mesures. (ces types de statistiques existent, mais ils s'appliquent sur l'ensemble d'une population de quartier ou d'une municipalité)

 

Objectifs à court terme

 

À mon avis, il y a des politiciens qui veulent se faire du capital politique en sacrifiant une partie infime de la population, 3 millions chiffre à l'appui, pas 5 ou 10 millions comme on peut le penser. (Ne pas confondre musulmans et Arabes) . Ils veulent mettre tous les maux de la société qu'ils peuvent sur leur dos tout en donnant dans les médias une image négative disproportionnée.  Leur objectif est de focaliser l'attention du bon Français sur le mauvais Français (L'étranger de couleur ou de faciès différent pratiquant une mauvaise religion ou même les Roms qui ont une vie de nomade). Cette tactique qui consiste à trouver puis blâmer, condamner, fustiger un bouc-émissaire est vieux comme le monde. Le ''petit peuple'' peut se défouler de ses frustrations, ce n'est pas de sa faute, pas besoin de se remettre en question. Il pourra continuer à voter pour ceux qui lui servent son dessert d'ignominies.

uneplacepourvous.jpg

 

Cela permet surtout aux journalistes et aux politiciens de parler de problèmes liés à la violence, puis les sujets les plus importants pour l'ensemble de la population comme le chômage et la pauvreté sont occultés....par manque de temps d'antenne.

En France, aujourd'hui, on ne parle plus que de burqa, de niqab, de polygamie et autres stéréotypes pour camoufler une crise financière terrible, une augmentation d'un demi million de chômeurs français en un an, un pouvoir d'achat qui diminue sans cesse, des endettements ménagers trop nombreux et un État au bord de la faillite. Pendant ce temps, leurs gouvernants portent la responsabilité de cette stigmatisation ethnique, à la limite du frotti-frotta avec la xénophobie, mais toujours sans l'atteindre, quoique. Et les grands médias complices, de relayer.

Ça me fait penser à une phrase que j'aime souvent citer dans les conversations avec mes amis : Dans nos démocraties, un vrai journaliste est un journaliste qui est capable de poser toutes les questions, sauf les vraies. Sinon, il est viré pour incompétence.

 

Pour finir

 

Je veux finir comme j'ai commencé, c'est-à-dire par une note humoristique et sarcastique.

Nicolas Sarkozy a dit « La France, aimez-la ou quittez-la », et bien si vous vivez certaines discriminations en France, si vous êtes en bonne santé et possédez un diplôme, quittez la France car « Vous avez une place au Québec » ... Mais il me semble qu'ici aussi votre fort accent et votre complexe de supériorité seront vos nouvelles discriminations . On en perd une mais on en récupère une autre. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, même les discriminations.

mysuggardaddy

 

 

Tabarnac ! ou comme dit Bart Simpson Cowabunga !

Mais coudonc, personne ne s'en sort !

 

 

Un billet d'humeur et d'humour, incisif parfois mais sans queue ni tête.

 

Quelques lectures :

* Maudits Français ! (Site d'un Français vivant au Québec et ayant un regard critique et sociologique de notre société)

* L'emprise des médias sur la banlieue Julie Sedel cherche à mettre en évidence la contribution spécifique des médias à la fabrication et à la diffusion du stigmate attaché aujourd’hui à la banlieue et à ses habitants.

* Statistiques ethniques : Laetitia Van Eeckhout est-elle journaliste ou militante ?

 

 


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Published by Mutur Zikin - dans muturzikin
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Le pédagogue 24/09/2015 16:14

Le pédagogue :


D’origine dite « arabo-musulmane », issus du processus migratoire, ils sont fiers d’être intégmilés (contraction des mots « intégrés » et « assimilés »), de con-tribuer à con-solider « lalla cité » (la laïcité), et à con-forter la Ré-pub-lique.
─ « Voyez-vous, la broublimatic (la problèmatique) de lisse-lame (l’Islaam) est à situer dans le con-texte économico-politique, socio-culturel, historico-linguistique, sans négliger les caractéristiques géographico-climatiques et les aspects de représentation et autres.
Sou finoumiine (ce phénomène) où tout s’enchevêtre et où la confusion règne, s’analyse forcément, à plusieurs degrés.
Li broumii digrii (le premier degré) se divise en trois points qui eux-mêmes se subdivisent en trois catégories.
Le premier degré du premier point dans la première catégorie, soulif (soulève) ce que le con-frère appelle, en usant d’une sémantique connue, les « hachchachines », les assassins c'est-à-dire les tirouristes » (terroristes).
Pendant qu’un « cifilizi » (civilisé) débite ces inepties, sa conne-sœur aux charmes plus lucratifs que les siens, même s’il est très demandé, salive devant les caméras sur le mariage des homosexuels et des lesbiennes, évolution de l’humanité balbutie-t-elle, due à la gauche.
Dans des émissions télévisées, des femelles de ces « spécimens », « femmes libérées » comme il se doit, sont exposées sur les plateaux, prêtes à tout pour con-vaincre les téléspectateurs et les téléspectatrices, de leur évolution cul-turelle et de leur large ouverture.
Des chro-niqueurs et chro-niqueuses sexe-tasient (s’extasient).
Les patrons de ces émissions (et d’autres), « des français de souche », (installés en France avant les « arabo-musulmans ») brandissent comme des trophées, ces « beurettes » des colonies, des ghettos (les cités), bonnes à tout faire, intégmilées, à qui la métropole, « généreuse », a permis de « réussir ».

Frédéric 01/12/2010 00:49







 


Bonjour,

Je reprends le fil de notre conversation entamée au printemps dernier puisque j'ai eu l'occasion de voir que vous aviez modifié votre article sur les statistiques ethniques en France.

L'actualité de ces derniers mois a apporté quelques éléments à ma réflexion si bien que j'ai moi-même écrit un article sur la question. Le gouvernement français a décidé d'expulser
les roms de Roumanie en situation irrégulière: une opération digne de Tartuffe qui, en permettant d'atteindre les 20000 expulsions annoncées en début d'année, est destinée à faire croire aux
Français qu'il y a une politique de fermeté en matière d'immigration. Au même moment, le ministre de l'immigration, Eric Besson, se vante que la France est le pays d'Europe qui procède au plus
grand nombre de naturalisation d'étrangers:
http://www.liberation.fr/societe/01012290065-80-000-naturalises-au-cours-des-huit-premiers-mois
http://www.lepoint.fr/politique/l-immigration-et-la-naturalisation-en-hausse-en-france-13-09-2010-1235825_20.php
Sur son blog, la réaction de Malika Sorel (membre au Haut Conseil à l'intégration) à la conférence du ministre n'est pas inintéressante:
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/09/13/y-a-til-matiere-a-etre-fier-monsieur-besson.html
Toutes ces naturalisations confirment ce qu'écrivent Eric Zemmour ou Michèle Tribalat: les statistiques sur l'immigration sont faussées, pour ne pas dire mensongères. Je n'y vois pas
la volonté de stigmatiser les étrangers mais plutôt l'envie de cacher une vérité dérangeante aux Français à l'heure où l'ONU parle de migrations de remplacement,. Dans l'intérêt des lobbies immigrationnistes?
Dans l'intérêt d'un grand marché mondial?

Vous vous interrogez sur la proportion des personnes d'originie Arabo-berbère. Vous oubliez les Africains d'origine sub-saharienne, dont la proportion ne cesse d'augmenter. Vous posez également
la question de la visibilité de ces personnes dans la rue: "Quand je me suis promené dans les rues de France, sauf à Paris, je n'ai pas vu une société si multiethnique que je croyais voir à
la télévision". La société française n'est pas si multiethnique que cela, comme vous dites, dans la mesure où les différentes communautés ne se mélangent pas et sont inégalement réparties
sur le territoire. Un exemple: j'ai vécu pendant 10 ans à Blois, dans le Loir-et-Cher. Une jolie ville touristique en bordure de Loire, avec son château de la Renaissance. Les touristes qui
visitent le centre historique n'imaginent pas que le tiers des 50000 habitants est d'origine étrangère. Car cette population ne descend jamais dans le centre-ville. Il faut aller en effet dans
les quartiers du nord de la ville, des quartiers coonstruits à la fin des années soixante pour offrir des logements aux premières générations du baby-boom qui arrivaient à l'âge adulte. Autre
exemple: une amie institutrice à Saint-Ouen-l'Aumône, en région parisienne, me disait que cette année, l'écrasante majorité de ses élèves étaient d'origine africaine, des petits maliens qui
avaient chacun une maman mais qui partageaient souvent le même papa... La prochaine fois que vous allez à Paris, je vous conseille d'aller à la gare Saint-Lazare et de prendre un train au hasard.
Descendez à Argenteuil ou à Chanteloup les Vignes, vous serez surpris. En fait, les Français sont nombreux, comme mes parents, mes amis ou le dessinateur Siné dans son blog (pièce jointe), à se rendre compte de l'augmentation spectaculaire de la population d'origine africaine dans
leur quartier.

Enfin, ma cousine, qui est chirurgien au service pédiatrique de l'hôpital d'Orléans, vient de me fournir des éléments de réponse stimulants et je suis sûr que cela va vous intéresser. Le
dépistage néonatal de la drépanocytose en France permet en effet d'établir une carte précise des enfants d'origine africaine (Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne mais aussi Antilles, ce qui
complique un peu l'affaire). En effet, la drépanocytose est une affection qui concerne
exclusivement les populations d'origine Africaine, si bien que les nouveau-nés dont les parents appartiennent à un groupe à risque pour cette maladie
(Afrique, Antilles et Maghreb) sont désormais systématiquement testés. Et voilà comment la médecine permet de contourner l'interdiction des statistiques ethniques! Un article paru dans une
revue scientifique pédiatrique (mt pédiatrie, vol. 11, n°
1, janvier-février 2008) présente en effet une carte de France des naissances à risques. Un document formidable que vous pouvez consulter ici (c'est en page 7):
http://www.scribd.com/doc/31803808/Depistage-Neonatal-Drepanocytose
On peut ainsi voir précisément quelle est la part, département par département, des nouveaux-nés d'origine africaine.

Voilà qui devrait, j'espère, alimenter votre réflexion. Et qui peut-être vous amènera à modifier une nouvelle fois votre article! lol ;-)

Bien cordialement, agur.

Frédéric



Frédéric 01/12/2010 00:28



Bonjour,

Je vous remercie pour votre message et je me réjouis que mon blog puisse vous intéresser... Je viens de découvrir votre blog et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai ajouté dans ma liste de
liens. Je vois que vous êtes bascophile (vos pages sur les Pays basque sont un régal): la prochaine fois que vous passez en Euskadi, faîtes-moi signe: je vis dans un petit village près de
Mondragón (Gipuzkoa).

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article "Les Simpsons sont français". Le titre m'a bien amusé d'autant plus qu'il m'est arrivé une fois d'avoir l'impression d'être à Springfield:
ce n'était pas en France mais en Allemagne, en Bavière! Les maisons, les gens, tout me faisait penser aux Simpsons!

Pour en revenir à votre article, je veux bien vous donner mon avis. Mais quel avis voulez-vous? Celui qui est politiquement correct ou celui qui ne l'est pas? Car, en France, dès que l'on parle
d'immigration et de diversité...

Personnellement, je suis assez sceptique sur l'idée d'une ethnie française. Le discours des ethno-identitaires est certes intéressant mais contestable. Historiquement la France n'est pas une
ethnie mais une nation. Par ailleurs, être français, c'est quoi? Avoir une carte d'identité française? Je pense plutôt comme Renan que c'est à la fois un sentiment et un choix. C'est une
problématique qui m'intéresse et j'ai commencé à écrire quelques articles sur la question: un article où je me demandais si les langues régionales étaient compatibles avec l'identite
nationale et un autre où je me m'interrogeais sur la signification que l'on pouvait donner aux manifestations de Français d'origine algérienne à l'occasion d'un match de football de l'Algérie. Le
sujet est délicat. Le débat a été confisqué par les gardiens de la pensée unique.

Vous avez raison quand vous dites que "trouver des statistiques fiables sur la diversité ethnolinguistique de France est presque mission impossible". Mais je ne crois pas que cela se
fait dans le "but de favoriser le groupe ethnique français". Bien au contraire. Ce serait plutôt pour lui cacher la vérité sur la l'immigration. L'interdiction des statistiques ethniques
en France est liée aux souvenirs (et la mauvaise conscience) de la Seconde guerre mondiale et des Juifs que l'on fichait en France pour les envoyer ensuite à la mort. Soixante-dix ans après, la
France de Vichy est toujours cet épouvantail que l'on brandit, si bien que l'on évite de ficher les gens sur des critères raciaux ou ethniques. De peur d'être comparés à des nazis. Cela nous
prive évidemment de statistiques intéressantes. Mais il y a des réalités comme cela que l'on ne veut pas voir. Exactement comme il y a des vérités qu'on ne doit pas dire. Et si on les dit, les
ayatollahs de la pensée unique nous clouent au pilori en brandissant l'accusation insupportable de racisme. On est tout simplement dans le déni: à lire les chiffres de l'INSEE, il n'y a pas
d'immigration en France. Vous le dites vous-même: "dans les faits, les personnes d'origine arabo-berbère ne sont pas si nombreuses que ça". Or les chiffres sont faussés et les Français voient
bien ce qui se passent autour d'eux. Eric ZEMMOUR, journaliste et essayiste fort cultivé et qui n'a pas peur de mettre les pieds dans le plat, a résumé la situation dans son dernier et excellent
livre, Mélancolie française (2010):

 





« Les Français observent la rue, le métro, les salles de classe, surtout dans les quartiers populaires, et constatent l’évidence, ce que Tahar
Ben Jelloun appelle joliment "la recomposition du paysage humain". Et que d’autres, plus amers, qualifient de "grand remplacement". Les experts protestent encore : "Ce sont des Français."
Argument imparable, mais qui prouve qu’un biais idéologique, certes moral et légitime - ne pas remettre en question la nationalité des "nouveaux Français" - altère la présentation des
chiffres. La France est le seul pays d’Europe où l’ancienneté continue de l’immigration de masse, le droit du sol, et l’interdiction des statistiques ethniques se conjuguent pour rendre
toute discussion scientifiquement impossible. Tout le reste est idéologique.
"Les chiffres sont des êtres fragiles qui, à force d’être torturés, finissent par avouer tout ce qu’on veut leur faire dire", ironisait le grand démographe Alfred Sauvy. La part des
étrangers dans la population française est restée stable depuis 1975 et même les années 1930 : 10 %. Chiffre invariablement brandi depuis trente ans. Chiffre indiscutable. Chiffre d’une
rare mauvaise foi pourtant. Imaginons que surviennent cent millions d’Africains (ou de Chinois ou de Brésiliens) dans notre beau pays ; on donne aussitôt une carte d’identité à chacun ; la
part d’étrangers dans la population française n’aura pas bougé d’un millième de point. C’est ainsi que l’on a agi depuis trente ans : aux cent mille étrangers, solde annuel entre les
entrants et les sortants (deux cent mille depuis dix ans), sans tenir compte des irréguliers, ont correspondu autant de naturalisations. »
 


Je rentre de temps en temps en France pour visiter mes parents, la dernière fois c'était au début du mois d'avril, et je ne reconnais plus
la petite ville (plutôt tranquille d'ailleurs) de la banlieue parisienne où j'ai grandi: mes parents sont les derniers français dits "de souche" (je déteste cette expression qui est en
réalité stigmatisante pour les français) de leur quartier: les boucheries sont toutes hallal, les mamans qui viennent chercher leurs enfants dans l'école de mon enfance portent le voile intégral
et ne parlent pas un mot de français, et on construit une mosquée dans le pré où je jouais quand j'étais gamin. Tous ces gens  qui vivent dans le quartier de mes parents sont français: ils
ont une carte d'identié française. Sont-ils français pour autant?

Dans une interview très intéressante à l'hebdomadaire L'Express, en mars, la sociologue et démographe Michèle TRIBALAT rejoignait les propos de Zemmour et s'insurgeait contre la manipulation des chiffres par l'INSEE:

 



Pouvoirs publics, médias, experts n'inventent pas des chiffres, mais ils privilégient les instruments qui relativisent l'immigration et
présentent ses effets sous un jour favorable ou, lorsque ce n'est pas possible, qui mettent les immigrés ou leurs descendants en position de victimes. Dans notre pays, on semble plus
préoccupé par l'effet de l'information que l'on diffuse que par la réalité qu'elle recouvre. Un climat antiraciste joue, qui incite à la prudence: on cherche à éviter d'alimenter les
craintes des Français et à améliorer leur opinion sur l'immigration. Dans notre époque mondialisée, l'immigration apparaît comme une fatalité. Autant la présenter sous un jour
favorable.
 






Vous parlez de statistiques ethniques réalisées parles RG "pour stigmatiser une partie de sa population avec des raccourcis comme immigration = délinquance". Sachez que ces statistiques
sont très contestées et que là aussi il y a aussi un tabou. Ainsi, Eric ZEMMOUR, toujours lui, a fait polémique récemment en disant que ""les français issus de l'immigration sont plus
contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes: c'est un fait". Ce n'est pas très délicat, j'en conviens. Aussitôt, ce fut un tollé. On accusa é



Marc Bf 17/04/2010 11:37



Rebonjour,


merci d'avoir répondu à mon commentaire. Je vais vous embêter à nouveau (désolé!) mais il y a un certain nombre de choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord. Le camembert (c'est comme ça que
l'on appelait les pacman quand j'étais à l'école) concernant la France me paraît discutable, et ce, pour plusieurs raisons.


Tout d'abord, si je conçois que vous considériez les corses comme ethniquement différents (à la rigueur), j'ai beaucoup plus de mal avec les alsaciens, les basques et surtout les bretons.


Une ethnie pour moi, c'est un groupe de personnes qui restent ensemble, ont leur culture, leur langue et ne se mélangent pas vraiment avec d'autres ethnies. Ainsi, pour moi, encore une fois, les
juifs peuvent à la rigueur être considérés comme une ethnie (peu de mariages en dehors de leur groupe sauf pour ceux qui quittent cette communauté). Par contre, les alsaciens, s'il existe bien
une langue alsacienne et une culture, il y a toujours eu de nombreux brassages avec les gens d'à côté, qu'ils soient allemands ou français. Peut-être définissez-vous une ethnie comme une
communauté culturelle auquel cas mon propos tombe à l'eau.


Si l'on considère les bretons en tant qu'ethnie, on a un phénomène très amusant au niveau historique, c'est que la bretagne, comme le reste de la France après l'effondrement de l'empire romain
parlait un dialecte du français ou disons un créole de latin et de langue locale, au même titre que les français d'ailleurs. Ils ont tout autant perdu la trace de leur langue celtique que nous
(je vis en Normandie). Par contre, suite à des facteurs géopolitiques inhérents à la Grande Bretagne, un afflux massif de grands bretons sont venus en Bretagne et ont apporté leur langue à ce
pays qui a pris le nom de Bretagne à cause de l'origine de ces immigrants. Ces gens ont donc imposé leur langue à l'Ouest de la Bretagne actuelle mais même à l'époque du duché de Bretagne, tous
les bretons (selon la définition géographique) ne parlaient pas breton, il y en avait seulement environ la moitié. Les autres parlaient un dialecte du français, le gallo (voir les livres très
intéressants d'Henriette Walter pour plus de renseignement, notamment "le français d'ici et d'ailleurs"). C'est pourquoi cela me paraît diificile de considérer les bretons comme ethniquement
différents.


Je pense que vu du Québec, les ethnies semblent plus parlantes car les personnes y vivant viennent d'espace clairement différents et qui ne se sont pas mélangés avant : amérindiens, français (on
pense à Paris ou à la Normandie), anglais, basque, irlandais, maghrébins.


En France, la différence entre un breton et un normand peut être l'affaire d'un kilomètre vu qu'il y a une continuité géographique et il y a toujours eu des brassages. Par contre, il est vrai que
culturellement les gens ne se sentent pas forcément appartenir au même endroit. J'ai un cousin dont ses parents sont nés en Normandie et qui se revendique breton : c'est plus une question
d'identification que d'ethnie me semble-t-il, ce que je ne juge pas, au contraire, j'aime beaucoup les cultures du terroir (moi je me sens "normand" et français).


Concernant le décompte des immigrés, la comparaison avec les Etats-Unis est faussée : dans le camembert des Etats-Unis, on compte les gens qui déclarent des origines. Dans celui du
camembert français, d'après les chiffres que je vois, cela semble correspondre au nombre de personnes vivant en France (ayant la nationalité ou non) et qui sont nés dans un
autre pays.


Ainsi on considère qu'un français sur 4 a un parent ou grand-parent étranger. Si je prend votre chiffre pour les portugais, cela ne prend pas en compte tous les descendants de portugais
qui sont nés en France. Des estimations (wikipedia) donnent un chiffre d'un million de portugais qui se sont installés en France au XXe siècle. Et en ce qui concerne les maghrébins, je lis
souvent que les gens d'origine ou de nationalité maghrébine constiituent environ 5 millions de personnes. Il y a eu également une forte immigration polonaise, italienne, espagnole, belge au
cours du XXe siècle et dans les médias, on dit souvent qu'il y a plus de domiens (des dom-tom) en France que dans les Dom-tom, soit entre 2 et 3 millions.


Voila pour les arguments que je voulais apporter. Je dois m'arrêter là mais on pourra continuer la discussion plus tard si vous ne considérez pas que j'envahis trop votre blog!


Cordialement.



Mutur Zikin 17/04/2010 16:44



Je sais qu’à chaque fois que l’ethnologie et par ricochet, les ethnologues mettent leur nez dans un pays, les personnes du pays s’insurgent. Allez expliquer à un Turc que les Kurdes dans leur
pays ne sont pas turques d’un point de vue ethnologique. Bonne chance !


D’abord il faut connaitre les critères anthropologiques qui sont utilisés et qui définissent notre camembert (Ça c’est bien français comme expression….lol).


Les critères utilisés sont différents d’un pays à l’autre pour principalement une seule raison : l’histoire (anthropologie historique).


J’ai trois grandes encyclopédies chez moi et je m’en suis servi pour mes graphiques, plus d’autres livres connexes. Je n’ai absolument rien inventé et j’y ai même inséré les sources.


Avant toute discussion, il faut savoir quels sont les critères utilisés pour la France métropolitaine ? (Pour votre gouverne, la Nouvelle-Calédonie a des critères différents, les Antilles
d’autres critères encore différents) J’ai ces critères en main, mais les chiffres exacts me manquent puisqu’il n’y pas de recensement ethno. Vous pourrez toujours critiquer la justesse de mes
chiffres.


"Tandis qu'en Allemagne, dans les pays slaves et dans l'Europe du Nord, les dérivés d'ethnos mettent l'accent sur le sentiment d'appartenance à une collectivité, en France le critère déterminant
de l'ethnie est la communauté linguistique" (c’est dans le Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie)


La question, n’est pas une question de brassage ou toute impression personnelle.
Il existe plusieurs formes de critères en ethnologie pour diviser les groupes ethniques. Les plus utilisés en Europe font partie de l'anthropologie socioculturelle dont les vraisemblances
culturelles et linguistiques, l'autodéfinition, la perspective historique et bien d'autres.


Les gens peuvent bien se considérer Français, mais s’ils sont Beurs par exemple, les ethnologues vont les classer dans les Arabes. Je vais affiner d’ailleurs mon pacman.


En fait, votre perception ne me concerne pas, mais elle concerne plutôt le choix des ethnologues qui ont choisi tel ou tel critère pour une région ou un pays X. Il faut se garder de toute
perception personnelle et connaitre un peu l'anthropologie avant. C'est comme pour toute classification, des langues aux champignons, elles suivent des critères établis. Les critères sont
discutés et changeables, mais de façon scientifique, avec des gens compétents et issus de milieux académiques.


Pour la France, c’est la communauté linguistique et l’origine de l’immigration comme critères qui ont été retenus par la plupart des ethnologues. Désolé mais je fais un pass pour
l’explication des critères aux États-Unis.


Cordialement



Marc Bf 16/04/2010 17:18



Bonjour !


Je voudrais apporter une petite précision car je trouve que vous faîtes un faux procès à la France : les statistiques ethniques sont interdites en France mais pas celle des nationalités et des
origines. Ce qui est interdit, ce sont les classifications de type : noir, arabe, maghrébin, chinois pour dire asiatique, etc... Par contre, on peut compter le nombre de personnes nées en
Algérie, en Grande-Bretagne, etc... Cela ne me choque pas car je trouve les autres catégories non-pertinentes : où s'arrête la "race noire" (quand a un parent breton et un camerounais comme
Dieudonné, on est noir ou breton ou français ou métisse ou créole ? pour moi cela n'a aucun sens, seul a de sens ce qui est écrit sur notre carte ou notre papier, après on est humain et on essaie
de s'intégrer aux communautés qui sont déjà là là où l'on s'installe)


Si on regarde le camembert des américains : personne n'est américain, tout le monde a une origine. Quel est le but de ce camembert si ce n'est de flatter les spécificités (tiens, il y a plein de
descendants d'allemands! Que fait-on quand il y a métissage : on choisit l'origine qui nous plaît le plus ?)


La spécificité française, je l'avoue, n'est pas forcément facile à comprendre mais elle me semble justifiée.


Il y a eu une polémique créée par Eric Zemmour il y a deux semaines, il a déclaré qu'en France, "les délinquants sont le plus souvent noirs ou arabes, c'est un fait" (je répète de mémoire). Grand
tollé. Après vérification, on voit que c'est vrai et la polémique a quand même continué un peu. Que lui a-t-on reproché en fait ? Est-il responsable de cela ? D'avoir dit une vérité qui dérange ?
La belle affaire ; là où je suis, on n'a des problèmes qu'avec des gens bien typés arabe ou maghrébin, c'est eux qui dans ce lycée que je connais attendent des gars pour les tabasser à la sortie.
Tout le monde le sait, est-ce que cela veut dire qu'on les stigmatise ? (c'est un peu une inversion des rôles je trouve).


Ce sont des sujets délicats et complexes je l'avoue.


Cordialement,
Marc Beaufrère



Mutur Zikin 16/04/2010 20:09



Merci de votre commentaire.


Premièrement, je ne fais aucun procès à la France, encore moins aux Français. Je fais un procès sur deux sujets : La focalisation des médias sur une minorité de sa population, différente par son origine et sa culture arabo-berbère, et le manque de statistiques ethniques (Combiens de gens s’identifient
comme Bretons, multiraciaux (Dieudonné), Arabes, Berbères…etc. Je n'ai aucun chiffre exact sauf pour les nationalités).


Ici, au Canada, d’Est en Ouest, nous avons TV5 et nous sommes au fait sur comment sont traités les journaux télévisés français. Ce qui m’intéressait ici dans cet article, c’était de démontrer aux
lecteurs deux constats faux que nous présentent les médias.


1 : La France n’est pas une société multiculturelle comme le Guatemala, l’Indonésie, l’Inde ou les États-Unis, loin de là. Et puis le nombre de gens d’origine arabo-berbère est faible même
si en extrapolant, on y ajoutait un million d'immigrants illégaux.


2 : Dénoncer leur surexposition et traitement médiatique.


Ce que je dénonce avec conviction, c’est que certains médias de France, comme d’Italie d’ailleurs, stigmatisent une partie de leur
population. Même s’il y a des problèmes inhérents, et j’en suis conscient, le fait de pointer le doigt sur une de ses minorités est à la limite du racisme. Jamais vous ne verrez
un traitement médiatique en Amérique du Nord qui stigmatise autant et de façon à la limite abjecte une partie de sa population. (il y a des contenus qui sortent sur internet d'emissions
françaises et qui sont purement racistes)


Vous allez me dire qu’ici, on stigmatise des populations à l’autre bout du monde : Oui mais c’est un autre problème que l’on pourrait dénoncer dans un autre article. Mais au minimum, sur
notre propre territoire, on ne se le permet pas, et ce dans tous les médias. S’il y a des écarts comme les commentaires homophobes d’un Québécois lors des Jeux Olympiques de Vancouver, c’est
tolérance zéro. Tu risques de perdre ta job si tu ne t’excuses pas. Au deuxième écart c’est Bye bye boss.


Ici, les gens viennent de partout, et il est important de maintenir ici une cohésion sociale à tout prix, même de façade. Ce n’est ni le cas en Italie ou en France. C’est probablement pour des
visées électoralistes…. Ça c’est un autre problème….


Pour finir je pense, comme le fait ce site du Français qui critique assez justement notre
société et que j'aime lire, que parfois un regard de loin voit mieux que dix regards de près.


Cordialement